{"id":1206,"date":"2018-03-20T13:49:28","date_gmt":"2018-03-20T12:49:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/?p=1206"},"modified":"2018-03-20T13:49:28","modified_gmt":"2018-03-20T12:49:28","slug":"ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret"},"content":{"rendered":"<div>Le 20 novembre, je n&rsquo;oublierai jamais cette date, je re\u00e7us un appel de la gendarmerie qui m&rsquo;apprit le d\u00e9c\u00e8s de ma grand tante, ma seule famille.<\/div>\n<div>Mon interlocuteur demandait\u00a0 \u00e0 me rencontrer au plus vite,\u00a0 certains d\u00e9tails\u00a0 ayant intrigu\u00e9 le m\u00e9decin qui avait alert\u00e9 la gendarmerie.<\/div>\n<div>Il m&rsquo;attendait \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e du train.<\/div>\n<div>A la maison, ma tante reposait encore sur le sofa ou l&rsquo;infirmi\u00e8re\u00a0 l&rsquo;avait trouv\u00e9e.<\/div>\n<div>Un moment\u00a0 douloureux, je r\u00e9alisais que je la voyais pour la derni\u00e8re fois, elle \u00e0 qui je rendais visite aussi souvent que possible.<\/div>\n<div>Elle me faisait partager ses souvenirs, je lui parlais de mes \u00e9l\u00e8ves et nous avions en commun la passion de la lecture. Passer\u00a0 du temps avec elle \u00e9tait un plaisir car elle \u00e9tait rest\u00e9e \u00e9tonnamment jeune d&rsquo;esprit, curieuse et ouverte sur le monde.<\/div>\n<div>L&rsquo;officier de gendarmerie se r\u00e9v\u00e9la commissaire et me demanda de faire la liste des personnes\u00a0 qui approchaient ma tante quotidiennement.<\/div>\n<div>Je compris malgr\u00e9 sa mani\u00e8re\u00a0 d\u00e9tourn\u00e9e qu&rsquo;il voulait \u00e9galement conna\u00eetre mon emploi du temps de ces derniers jours.<\/div>\n<div>\u00ab Absurde \u00bb, ma grand tante, je l&rsquo;appelais affectueusement Tante Sido ne pouvait pas avoir d&rsquo;ennemis.<\/div>\n<div>C&rsquo;\u00e9tait une\u00a0 nonag\u00e9naire active depuis son veuvage il y a plusieurs d\u00e9cennies,\u00a0 je n&rsquo;avais pas connu son \u00e9poux, elle vivait seule, dans une\u00a0 de ces villas majestueuses\u00a0 propres aux stations baln\u00e9aires\u00a0 bourgeoises de la C\u00f4te Fleurie, o\u00f9 peintres et \u00e9crivains viennent chercher l&rsquo;inspiration dans ces paysages magiques des bords de mer.<\/div>\n<div>La maison\u00a0 centenaire, rest\u00e9e \u00e9l\u00e9gante,offrait\u00a0 une fa\u00e7ade aux\u00a0 pans en bois fonc\u00e9s sertis sur la pierre blanche,\u00a0 les pignons fleuris donnent ce cachet typique de l&rsquo; architecture \u00a0de la Belle \u00c9poque.<\/div>\n<div>Ses revenus\u00a0 confortables lui permettaient de jouir de\u00a0 la vie en toute s\u00e9r\u00e9nit\u00e9.<\/div>\n<div>De caract\u00e8re enjou\u00e9, elle \u00e9tait g\u00e9n\u00e9reuse, bienveillante, grande lectrice\u00a0 elle revendiquait le p\u00e9ch\u00e9 de gourmandise, sa tisane de l&rsquo;apr\u00e8s midi, mais toujours agr\u00e9ment\u00e9e d&rsquo; une assiette de g\u00e2teaux, qu&rsquo;il y peu de temps encore, elle tenait \u00e0 confectionner elle-m\u00eame, parfum\u00e9s \u00e0 l&rsquo;eau de fleur d&rsquo;oranger, utilisant\u00a0 fid\u00e8lement \u00a0de veilles recettes familiales.<\/div>\n<div>Ce n&rsquo;\u00e9tait pas\u00a0 une personne \u00e0 la vie mouvement\u00e9e<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Toujours habill\u00e9e de chemisiers blancs, le\u00a0 plastron finement pliss\u00e9, un\u00a0 col rond en dentelle orn\u00e9 d&rsquo; un cam\u00e9, les\u00a0 poignets des manches ferm\u00e9s par une perle. Un l\u00e9ger cardigan de laine grise , un pantalon noir au pli parfait,\u00a0 compl\u00e9taient sa tenue, \u00a0\u00e9t\u00e9 comme hiver.<\/div>\n<div>Cette \u00e9l\u00e9gance discr\u00e8te donnait \u00e0\u00a0 son allure un charme d\u00e9suet et attendrissant .<\/div>\n<div>Son visage aux yeux p\u00e9tillants \u00e9tait peu marqu\u00e9 par les ans, et ses joues bien pleines\u00a0 n&rsquo;avaient jamais connu de maquillage. Elle utilisait une eau de toilette,\u00a0 m\u00e9lange de fleurs blanches, oranger, seringas et lys soutenu par la suave odeur de la violette.<\/div>\n<div>Lorsque j&rsquo;\u00e9tais enfant, j&rsquo;adorais me faufiler dans sa chambre pour\u00a0 en respirer goul\u00fbment la douce fragrance , je revois le grand flacon ventru au verre \u00e9pais incrust\u00e9 d&rsquo;abeilles.<\/div>\n<div>Pendant quelques heures,\u00a0 la maison fourmilla des all\u00e9es et venues\u00a0 de m\u00e9decins, de policiers, de photographes, puis ce fut le silence, je\u00a0 me retrouvais seule, errant d &lsquo;une pi\u00e8ce \u00e0 l&rsquo;\u00a0 autre.<\/div>\n<div>Je\u00a0 remis un peu d&rsquo;ordre dans le salon, , son\u00a0 cardigan \u00e9tait rest\u00e9 sur un fauteuil,\u00a0 je sentais les larmes m&rsquo;envahir lorsque je le portais \u00e0 mes l\u00e8vres,\u00a0 j&rsquo;allais retrouver l&rsquo;odeur\u00a0 subtile et\u00a0 poudr\u00e9e de son parfum ,\u00a0 sa petite coquetterie.<\/div>\n<div>Je le reposais doucement, dans une poche,\u00a0 un papier crissait sous mes doigts. Je le d\u00e9pliais, je reconnu l&rsquo;\u00e9criture fine et pr\u00e9cise de Tante Sido.<\/div>\n<div>Certains\u00a0 mots \u00e9taient \u00e9crits en caract\u00e8res plus fonc\u00e9s, comme s&rsquo;il fallait les lire plus attentivement.<\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>Un Crime sera commis.\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>Une T\u00e9n\u00e9breuse Affaire, les Diaboliques vont faire des Ravages, le Notaire du Havre, il habite au Mas Th\u00e9otime avec Lolita, l&rsquo;Ing\u00e9nue Libertine,\u00a0 il rencontre Monsieur de la FERTE, le Joueur, l\u2019\u00c2me Obscure, celui\u00a0 Pour Qui Sonne le Glas. Ils se retrouvent dans le Cabaret de la Belle Femme, aux Grilles d&rsquo;Or, avec Alberte, Rebecca, les Dames Galantes, Isabelle, la Dame de Pique, Gigi, le Diable au Corps.\u00a0<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div>Tante Sido m&rsquo;ayant laiss\u00e9 \u00e0 dessein cet \u00e9trange texte, je me devais d&rsquo; en trouver le sens, avant de\u00a0 le montrer\u00a0 \u00e0 la police.<\/div>\n<div>Je ne pouvais pas rester dans le salon, avec l&rsquo;image\u00a0 du corps sans vie de ma ch\u00e8re tante, des policiers furetant\u00a0 partout et\u00a0 les doutes planant\u00a0 sur la cause r\u00e9elle de sa mort.<\/div>\n<div>Je\u00a0 m&rsquo;installais dans la biblioth\u00e8que, un feu\u00a0 toujours pr\u00eat a \u00eatre allum\u00e9. Je craquais une allumette, je me sentis moins seule, les flammes en plus de me r\u00e9chauffer mettaient\u00a0 un peu de vie et de couleurs dans cette pi\u00e8ce.<\/div>\n<div>\u00a0Je parcourus machinalement\u00a0 les rayonnages\u00a0 et tout \u00e0 coup, je compris.<\/div>\n<div>Chaque mot\u00a0 correspondait \u00e0 un\u00a0 titre de livre ou \u00e0 un personnage, une\u00a0 histoire se d\u00e9roulait\u00a0 sous mes yeux, les premiers mots me firent frissonner :<\/div>\n<div>\u00ab un crime sera commis \u00bb<\/div>\n<div>Je m\u2019interrogeais, \u00ab un crime sera commis\u00a0 \u00bb par\u00a0 qui,\u00a0 quand, comment, pourquoi ?<\/div>\n<div>Ma tante voulait elle me d\u00e9signer un coupable ? Se sentait -elle menac\u00e9e ?<\/div>\n<div>C&rsquo;\u00e9tait une vieille dame\u00a0 tr\u00e8s riche, tout le monde le savait m\u00eame si\u00a0 elle ne faisait pas \u00e9talage de ses richesses, soucieuse seulement de son nom , mais son h\u00e9ritage pourrait \u00eatre un motif de convoitise.<\/div>\n<div>J&rsquo;\u00e9tais d\u00e9sorient\u00e9e, perplexe.<\/div>\n<div>La police m&rsquo;avait demand\u00e9 les noms des personnes de son entourage, \u00e9taient\u00a0 ils\u00a0 suspects ?<\/div>\n<div>Seulement trois personnes l&rsquo;approchaient r\u00e9guli\u00e8rement, j&rsquo;\u00e9tais presque certaine de leur moralit\u00e9, mais l\u2019app\u00e2t du gain\u00a0 peut faire changer les meilleurs, j essayais de r\u00e9fl\u00e9chir sur ce que je connaissais de chacun d&rsquo; entre eux.<\/div>\n<div>L&rsquo;infirmi\u00e8re,\u00a0 elle \u00e9tait\u00a0 charg\u00e9e depuis\u00a0 plusieurs ann\u00e9es,\u00a0 du suivi des m\u00e9dicaments c&rsquo;est une dame aust\u00e8re m\u00eame rev\u00eache, tenue en haute estime par notre ancien m\u00e9decin de famille. C\u00e9libataire, une cinquantaine d&rsquo;ann\u00e9e, une petite voiture rouge brinquebalante, sans pr\u00e9tentions vestimentaires car toujours habill\u00e9e d&rsquo;un pull et d&rsquo;une jupe pliss\u00e9e bleu marine sous sa blouse blanche\u00a0 ferm\u00e9e par\u00a0 quatre boutons.<\/div>\n<div>La femme de m\u00e9nage, elle s&rsquo;occupait de la maison depuis plus de quinze ans, elle se plaignait\u00a0 sans cesse de son mari, soi disant\u00a0 buveur et paresseux, je savais ma tante\u00a0 \u00a0g\u00e9n\u00e9reuse avec elle,<\/div>\n<div>Le jardinier un homme taciturne,\u00a0 sans \u00e2ge,\u00a0 je l&rsquo;avais toujours vu courb\u00e9 sur les plate bandes s&rsquo;\u00e9vertuant \u00e0\u00a0 arracher les mauvaises herbes ou maniant un grand ciseau pour tailler les buis,\u00a0 cigarette coinc\u00e9e au bord des l\u00e8vres,\u00a0 vieux chapeau fan\u00e9 et\u00a0 \u00a0bossel\u00e9 pos\u00e9 de guingois\u00a0 \u00a0sur son cr\u00e2ne d\u00e9garni.<\/div>\n<div>\u00a0Parmi ces 3 personnes, je n&rsquo;arrivais pas \u00e0 voir un meurtrier. Il y avait bien deux autres personnes qui gravitaient r\u00e9guli\u00e8rement autour de ma tante, je ne les appr\u00e9ciais pas, mais est ce suffisant pour en faire des meurtriers ? J&rsquo;essayais malgr\u00e9 tout de donner des renseignements pr\u00e9cis \u00e0 la police.<\/div>\n<div>Son nouveau m\u00e9decin, recommand\u00e9 par notre m\u00e9decin de famille, qui avait pris sa retraite. J&rsquo;avais eu &lsquo;occasion de le rencontrer, il m&rsquo;avait fait une impression mitig\u00e9e, je le trouvais falot, peu \u00e9nergique, la poign\u00e9e de main molle et collante, celle d&rsquo;une personne veule et influen\u00e7able.<\/div>\n<div>Ma tante d\u00e9testais les comm\u00e9rages, mais elle m&rsquo;avait un jour que sa femme, jeune et tr\u00e8s jolie\u00a0 reprochait \u00e0 son \u00e9poux\u00a0 son manque d&rsquo;ambition et ses maigres revenus. Elle passait son temps \u00e0 courir les boutiques de mode,<\/div>\n<div>\u00a0n&rsquo;h\u00e9sitant pas \u00e0 endetter le m\u00e9nage pour s&rsquo;offrir tout ce qui lui faisait envie. J&rsquo;avais eu l&rsquo;occasion de croiser cette jeune femme chez ma Tante, \u00e0 qui elle rendait visite de temps en temps et je n&rsquo;avais pas gard\u00e9 une bonne impression.<\/div>\n<div>L&rsquo;autre personne \u00e9tait une femme d&rsquo;une quarantaine d&rsquo;ann\u00e9es, son mari l&rsquo;avait quitt\u00e9e, c&rsquo;\u00e9tait une cousine \u00e9loign\u00e9e d&rsquo;une relation de ma tante. Sans emploi, avec trois enfants, elle \u00e9tait \u00e0 la charge de sa cousine.<\/div>\n<div>Ma tante pour lui rendre service lui avait demand\u00e9 de venir revoir toute la lingerie de la maison.<\/div>\n<div>J&rsquo;\u00e9tais venue un jour o\u00f9 elle officiait, et j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9e par son attitude, elle ouvrait toutes les armoires comme si elle \u00e9tait chez elle, \u00e9valuait, commentait l&rsquo;anciennet\u00e9 du linge, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de mouchoirs en dentelle ou de drap brod\u00e9s, rangeait \u00e0 sa fa\u00e7on sur les \u00e9tag\u00e8res pour finalement dire \u00e0 ma tante que la moiti\u00e9 du linge d\u00e9ball\u00e9 \u00e9tait \u00e0 repasser et qu&rsquo;elle le ferait tranquillement chez elle. Sournoise et maligne, elle rajoutait que dans ce cas elle ne compterait pas ses heures de travail. Ma tante ne voyait pas son man\u00e8ge. mais j&rsquo;avais compris que les paniers emport\u00e9s ne revenaient pas entiers \u00e0 la maison.<\/div>\n<div>Le besoin d&rsquo;argent, l&rsquo;envie , ces mobiles peuvent -ils faire basculer dans l&rsquo;horreur ?<\/div>\n<div>Venant de cette femme, rien ne m&rsquo;\u00e9tonnerait, je n&rsquo;oubliais pas\u00a0 le m\u00e9decin, pouss\u00e9 \u00e0 bout par son \u00e9pouse il aurait pu aussi commettre un geste irr\u00e9parable. A la police de faire son travail. Je ne savais plus que faire, que penser<\/div>\n<div>En retrouvant ces titres de livres, une histoire s&rsquo;\u00e9tait mise en place, j&rsquo;avais tir\u00e9 un fil de la pelote mais le myst\u00e8re demeurait&#8230; Quelle \u00e9trange affaire, elle m &#8217;emp\u00eachait\u00a0 de dormir, assaillie d&rsquo;interrogations.<\/div>\n<div>Heureusement, quelques semaines plus tard, le commissaire m\u2019apprenait que l\u2019enqu\u00eate \u00e9tait\u00a0 close, les doses \u00e9lev\u00e9es\u00a0 de barbituriques d\u00e9cel\u00e9es ne paraissaient pas de nature \u00e0 avoir mis la vie de ma tante en danger. Son grand \u00e2ge et les ann\u00e9es de traitement\u00a0 en continu pouvant l&rsquo;expliquer.<\/div>\n<div>Quelques semaines plus tard, ma Tante Sido, reposait aupr\u00e8s de son d\u00e9funt mari,\u00a0 \u00a0je fis graver sur le marbre, une photo datant de leur mariage, ils sont\u00a0 souriants et amoureux.<\/div>\n<div>Je fus convoqu\u00e9e chez le notaire, il me tendis une lettre, selon\u00a0 les derni\u00e8res volont\u00e9s de ma tante, je devais la lire\u00a0 avant d&rsquo;accepter son h\u00e9ritage. Je l&rsquo;ouvrais, j&rsquo;en retirais une feuille tr\u00e8s fine, je sentais les larmes me piquer le bord des paupi\u00e8res,\u00a0 je ne devais pas pleurer, mais le doux parfum de violette et de verveine de son papier \u00e0 lettres me surpris, m\u2019emp\u00eacha de surmonter mon \u00e9motion, je sentais des larmes couler sur mes joues, le notaire, discret,\u00a0 quitta la pi\u00e8ce, peut \u00eatre d\u00e9go\u00fbt\u00e9 par des reniflements que je n&rsquo;arrivais pas \u00e0 calmer .<\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>Ma ch\u00e8re enfant,\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>Je dois de te faire\u00a0 un aveu qui me co\u00fbte et a pes\u00e9 sur ma conscience.<\/em><\/div>\n<div><em>Il s&rsquo;agit de ton oncle, j ai d\u00e9couvert que mon cher mari avait rencontr\u00e9 son \u00e2me damn\u00e9e, un vieux notaire, ils avaient projet\u00e9 de m&rsquo;\u00e9liminer pour profiter de ma fortune \u00e0 leur aise. J &lsquo;ai compris qu&rsquo;il me faudrait\u00a0 agir la premi\u00e8re.<\/em><\/div>\n<div><em>Un scandale pouvait \u00e9clater \u00e0 tout moment,\u00a0 \u00e9clabousser le nom de notre\u00a0 famille, nous avons compt\u00e9 des membres \u00e9minents du clerg\u00e9 et plusieurs magistrats.\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>J&rsquo;ai institu\u00e9 le rituel obligatoire de la tisane du\u00a0 soir et petite dose\u00a0 \u00e0 petite dose je l&rsquo;ai conduit \u00e0 sa fin.<\/em><\/div>\n<div><em>Pour avoir moins de remords je me disais que sa vie de d\u00e9bauche l&rsquo;entra\u00eenait<\/em><\/div>\n<div><em>vers cette issue, je n&rsquo;ai fait que pr\u00e9cipiter les choses !<\/em><\/div>\n<div><em>Voil\u00e0 ma ch\u00e9rie, tu connais mon secret.<\/em><\/div>\n<div><em>Je n&rsquo;ai jamais eu le courage de te l&rsquo;avouer.<\/em><\/div>\n<div><em>C&rsquo;est plus facile de te raconter cette\u00a0 histoire de ma vie\u00a0 avec le secours de nos ch\u00e8res lectures.\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>J&rsquo;approche de ma centi\u00e8me ann\u00e9e,\u00a0 il est temps que moi aussi je tire ma r\u00e9v\u00e9rence, chaque soir j&rsquo;augmente\u00a0 mes doses de somnif\u00e8res , j&rsquo;ai retrouv\u00e9 quelques pinc\u00e9es de cette vieille poudre qui m&rsquo;a rendu service autrefois, je vais ce soir en agr\u00e9menter largement ma tisane.<\/em><\/div>\n<div><em>Si elle te posait un probl\u00e8me,\u00a0 maintenant la police est soup\u00e7onneuse , n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 montrer ma confession,c &lsquo;est la haut que j&rsquo;ai des comptes \u00e0 rendre.<\/em><\/div>\n<div><em>Ma ch\u00e8re enfant, profite de la vie, lis, \u00e9cris, amuse toi.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div>Le notaire, aid\u00e9 de son clerc, \u00e9num\u00e9rait une liste de biens, j&rsquo;\u00e9tais la seule h\u00e9riti\u00e8re , mais j&rsquo;entendais \u00e0 peine, un mot r\u00e9sonnait parfois mais j&rsquo;en oubliais le sens, boulevers\u00e9e par cette r\u00e9v\u00e9lation.<\/div>\n<div>\u00a0J&rsquo;imaginais, Tante Sido, surveillant, jour apr\u00e8s jour, les effets de sa poudre. Que de tourments a -t-elle\u00a0 du endurer pour en arriver \u00e0 cette d\u00e9cision, elle si bonne, si pure de tout vice.<\/div>\n<div>Je demandais au notaire quelques jours de r\u00e9flexion.<\/div>\n<div>Ma d\u00e9cision prise, je me sentais d\u00e9livr\u00e9e d&rsquo;un poids, persuad\u00e9e que Tante Sido m&rsquo;approuverait.<\/div>\n<div>Je r\u00e9partis une somme d&rsquo;argent cons\u00e9quente, aux trois personnes qui l&rsquo;ont c\u00f4toy\u00e9e durant ces derni\u00e8res ann\u00e9es, ceux qui\u00a0 l&rsquo;ont aim\u00e9e et assist\u00e9e\u00a0 des jours durant. Pour ceux qui cachaient derri\u00e8re leur sourire uniquement de l&rsquo;envie, ces deux l\u00e0, je les ai oubli\u00e9s.<\/div>\n<div>La maison\u00a0 modernis\u00e9e a \u00e9t\u00e9\u00a0 s\u00e9par\u00e9e en deux partie, l&rsquo;une est devenue une maison de lecture ouverte \u00e0 tous, je m&rsquo;en occupais\u00a0 r\u00e9guli\u00e8rement.<\/div>\n<div>L&rsquo;autre partie a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e en centre d\u2019accueil , des personnes \u00e2g\u00e9es peu fortun\u00e9es pourront profiter de s\u00e9jours confortables face \u00e0 la mer.<\/div>\n<div>Quant \u00e0 moi, j&rsquo;avais conserv\u00e9 uniquement le cam\u00e9 de\u00a0 ma tante Sido.<\/div>\n<div>J&rsquo;avais seulement exig\u00e9 que la maison et le parc portent\u00a0 son nom.<\/div>\n<div><\/div>\n<p><span class='st_facebook_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='facebook'><\/span><span class='st_twitter_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='twitter'><\/span><span class='st_linkedin_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='linkedin'><\/span><span class='st_fblike_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='fblike'><\/span><span class='st_pinterest_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='pinterest'><\/span><span class='st_plusone_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='plusone'><\/span><span class='st_email_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='email'><\/span><span class='st_sharethis_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='sharethis'><\/span><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 20 novembre, je n&rsquo;oublierai jamais cette date, je re\u00e7us un appel de la gendarmerie qui m&rsquo;apprit le d\u00e9c\u00e8s de ma grand tante, ma seule famille. Mon interlocuteur demandait\u00a0 \u00e0 me rencontrer au plus vite,\u00a0 certains d\u00e9tails\u00a0 ayant intrigu\u00e9 le m\u00e9decin qui avait alert\u00e9 la gendarmerie. Il m&rsquo;attendait \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e du train. A la maison, [&hellip;]<\/p>\n<p><span class='st_facebook_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='facebook'><\/span><span class='st_twitter_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='twitter'><\/span><span class='st_linkedin_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='linkedin'><\/span><span class='st_fblike_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='fblike'><\/span><span class='st_pinterest_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='pinterest'><\/span><span class='st_plusone_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='plusone'><\/span><span class='st_email_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='email'><\/span><span class='st_sharethis_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Ma tante Sido\u00a0\u00bb  Jacqueline Girard Pastouret' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2018\/03\/ma-tante-sido-jacqueline-girard-pastouret\/' displayText='sharethis'><\/span><\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[187,335],"tags":[40,191,224,225],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1206"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1206"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1206\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1208,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1206\/revisions\/1208"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1206"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1206"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1206"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}