{"id":1247,"date":"2019-07-29T07:56:31","date_gmt":"2019-07-29T06:56:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/?p=1247"},"modified":"2019-08-29T07:57:10","modified_gmt":"2019-08-29T06:57:10","slug":"vaurien-version-2-clemence-deheurle","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE"},"content":{"rendered":"<p>Le vieil homme avait une dent contre la vie. Dix ans. Dix ans qu\u2019une agence gouvernementale l\u2019avait expropri\u00e9 pour un sordide projet d\u2019exploitation mini\u00e8re. Un camarade du r\u00e9giment avait bien propos\u00e9 de lui louer un petit appartement en ville, le temps de rebondir. Mais \u00e0 son \u00e2ge, la balle avait perdu du rebond. C\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 terrible de l\u2019avoir arrach\u00e9 \u00e0 sa montagne ador\u00e9e, c\u2019\u00e9tait cruel de le plonger dans ce lieu qu\u2019il ex\u00e9crait. Enferm\u00e9 dans un appartement \u00e9triqu\u00e9 et sans horizon, coinc\u00e9 avec des cong\u00e9n\u00e8res qu\u2019il avait pass\u00e9 une vie \u00e0 fuir : il ruminait. Si la vie avait de l\u2019humour, notre vieux bonhomme en \u00e9tait d\u00e9pourvu.<\/p>\n<p>Chaque nuit, il s\u2019\u00e9veillait dans l\u2019obscurit\u00e9. Les yeux grands ouverts, il humait le silence. Son esprit \u00e9tait clair comme l\u2019eau du torrent et, comme elle, la formidable \u00e9nergie qui coulait dans ses veines cherchait quelques issues pour s\u2019\u00e9chapper. Il aurait aim\u00e9 sauter au pied du lit et courir \u00e0 la rencontre de sa journ\u00e9e, mais il lui fallait d\u00e9plier sa vieille carcasse ankylos\u00e9e avant de se relever avec lenteur. Sa main attrapait machinalement le bout de ch\u00e2taigner qui lui servait de canne, puis il patinait, plus qu\u2019il ne marchait, jusqu\u2019\u00e0 la fen\u00eatre. Le ciel qui p\u00e2lissait timidement derri\u00e8re la cime des tours lui rappelait qu\u2019il devait se h\u00e2ter. Pour prendre les devants, il s\u2019habillait la veille et buvait son caf\u00e9 froid. C\u2019\u00e9tait toujours \u00e7a de gagn\u00e9 sur le jour toujours trop press\u00e9 d\u2019\u00e9clore.<\/p>\n<p>Puis, le rituel commen\u00e7ait. Immobile dans l\u2019entr\u00e9e, il restait un moment suspendu au ronflement sourd des ventilations. Pas un bruit. L\u2019autre porte du palier \u00e9tait close. La voie \u00e9tait donc libre ! Il se faufilait avec pr\u00e9caution jusqu\u2019\u00e0 l\u2019escalier o\u00f9, agripp\u00e9 \u00e0 la rambarde, il entamait prudemment la descente. Avec la Crise, l\u2019immeuble s\u2019\u00e9tait consid\u00e9rablement vid\u00e9 et certains \u00e9tages \u00e9taient d\u00e9sormais condamn\u00e9s. Le vieux regrettait simplement qu\u2019ils en soient rest\u00e9s assez pour empoisonner son existence.<\/p>\n<p>Une fois en bas, malgr\u00e9 la morsure du vent, son regard s\u2019\u00e9clairait invariablement \u00e0 la vue de ce petit bout d\u2019\u00e9ther coinc\u00e9 entre les colonnes de b\u00e9ton. Il s\u2019empressait de remonter la rue en direction du fleuve. L\u00e0, en appui sur sa canne, il reprenait son souffle. Un dernier regard alentours : personne ! Il se mettait alors en marche au rythme de son b\u00e2ton frappant le pav\u00e9. Apr\u00e8s avoir achev\u00e9 sa boucle quotidienne, il se posait sur un banc pour observer l\u2019eau noire qui, charg\u00e9e de pluies, tourbillonnait et se d\u00e9battait en direction du sud. Au loin, les nuages se coloraient annon\u00e7ant la venue prochaine du jour. Les hommes allaient bient\u00f4t sortir de leur sommeil et investir les rues. Le lieu allait bient\u00f4t grouiller de vie. Il frissonna. Il \u00e9tait temps pour lui de rentrer.<\/p>\n<p>Ce jour-l\u00e0, le vieux se figea quand il arriva \u00e0 son \u00e9tage. La surprise fit dispara\u00eetre l\u2019\u00e9bauche de sourire qui flottait sur ses l\u00e8vres. Il referma la porte d\u2019un coup sec. Fichtre ! C\u2019\u00e9tait stupide, l\u2019autre l\u2019avait vu. Il risqua un \u0153il par l\u2019entreb\u00e2illement : le morveux de la voisine. Assis dans un coin du vestibule, les jambes ramen\u00e9es sous ses bras et les yeux mouill\u00e9s de larmes, il le fixait en reniflant. Une peluche informe avait gliss\u00e9 \u00e0 ses pieds. Il se d\u00e9tourna prestement pour \u00e9chapper \u00e0 la br\u00fblure de son regard. Bont\u00e9 divine, aucune issue possible ! Pass\u00e9 le moment de panique, il se lan\u00e7a en boitillant jusqu\u2019\u00e0 chez lui. Il faillit bien s\u2019emm\u00ealer les pinceaux sur la derni\u00e8re ligne droite mais peu importe, il avait rejoint sa tani\u00e8re. Un peu trop d\u2019excitation pour son c\u0153ur fatigu\u00e9 ! Il avait conscience que le sentiment de libert\u00e9, qu\u2019il ressentait \u00e0 chacune de ses sorties, avait un prix : la probabilit\u00e9 de croiser l\u2019un d\u2019 \u00ab eux\u00bb. Il ressassait encore cette curieuse rencontre lorsque la faim l\u2019extirpa sauvagement de ses pens\u00e9es.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir brav\u00e9 la froidure des premi\u00e8res heures du jour, il aimait se r\u00e9chauffer la panse avec une bonne soupe de l\u00e9gumes. Attention, pas ces horribles potages lyophilis\u00e9s, ni ces inf\u00e2mes moulin\u00e9s, mais un v\u00e9ritable bouillon \u00e0 l\u2019ancienne avec de vrais morceaux de l\u00e9gumes qui flottent, et dans lequel il rajoutait un peu de pain. Apr\u00e8s en avoir r\u00e9chauff\u00e9 une petite quantit\u00e9, il pla\u00e7a ses mains autour du bol encore br\u00fblant. Il ferma les yeux. Les images de son ancienne vie lui revenaient par bouff\u00e9es. Il soupira. Revenir ici et maintenant \u00e9tait toujours douloureux.<\/p>\n<p>Une fois rassasi\u00e9, l\u2019image du gar\u00e7on vint l\u2019effleurer sans pr\u00e9venir. Il la balaya d\u2019un haussement d\u2019\u00e9paule. Ce n\u2019\u00e9tait pas ses affaires ! Sans se poser plus de questions, il entama sa routine journali\u00e8re. Il fit un brin de toilette au dessus d\u2019une bassine dont il r\u00e9cup\u00e9ra l\u2019eau pour rincer sa vaisselle. Puis, avec la m\u00eame eau, il sortit sur le balcon arroser le rudimentaire potager qui faisait sa fiert\u00e9. La clart\u00e9 du jour semblait plus agressive chaque jour. Il fallait admettre que son d\u00e9go\u00fbt des hommes l\u2019avait bien malgr\u00e9 lui m\u00e9tamorphos\u00e9 en cr\u00e9ature nocturne. Il se d\u00e9p\u00eacha de rentrer pour tirer les \u00e9pais rideaux du salon.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me fois qu\u2019il pensa au minot, il se souvint de ses yeux rougis. Un curieux sentiment de crainte le poussa \u00e0 poser l\u2019\u0153il sur le judas. Il laissa \u00e9chapper un juron. Fatche ! Le morveux \u00e9tait toujours l\u00e0 ! Recroquevill\u00e9 sur le sol, il semblait dormir. \u00c9tait-il coinc\u00e9 dehors ? Avait-il perdu ses cl\u00e9s ? Pourquoi ne rentrait-il pas chez lui ? Sa m\u00e8re n\u2019osait plus beaucoup sortir, elle ne devait pas \u00eatre loin. Ah et puis mince, ce n\u2019\u00e9tait pas ses affaires. Treize heures, l\u2019heure de la sieste. Il se dirigea d\u2019un pas distrait jusqu\u2019\u00e0 sa chambre.<\/p>\n<p>Assis, sur le bord du lit, il tortillait entre ses gros doigts deux petits bouts de cire. Ils lui permettaient de se couper du monde aux heures les plus bruyantes de la journ\u00e9e. Il en pla\u00e7ait un machinalement quand son regard se posa sur le mur du fond. Il se ravisa. Cette cloison donnait sur l\u2019appartement de la voisine et ses deux moufflets. Il se plaqua contre la tapisserie et resta immobile pendant quelques minutes. Rien, pas un son. C\u2019\u00e9tait \u00e9trange. Le tout petit courrait toujours partout et la m\u00e8re ne cessait de le chercher. Quel idiot ! Ce n\u2019\u00e9tait pas ses affaires, se r\u00e9p\u00e9ta-t-il. Et il fourra rageusement les boules dans le fond de ses oreilles puis s\u2019enroula dans sa couverture. Il mit un peu plus de temps que d\u2019habitude pour trouver le sommeil.<\/p>\n<p>En fin de journ\u00e9e, il griffonnait sur un calepin quand il se rendit compte qu\u2019il l\u2019avait dessin\u00e9. Quelle salet\u00e9 ! Le morveux l\u2019avait attendu tapi dans ses m\u00e9ninges. De rage, il d\u00e9chira la page et la froissa nerveusement. La boulette vola dans la pi\u00e8ce, rebondit sur le buffet puis retomba devant la porte. Il marmonna entre ses dents quelques jurons de sa campagne puis se leva. Il fallait qu\u2019il en ait le c\u0153ur net. Sur la pointe des pieds, il se colla \u00e0 l\u2019\u0153illeton. Zut ! Le gar\u00e7on \u00e9tait toujours l\u00e0 et semblait bien \u00e9veill\u00e9 maintenant. Que faisait-il ? Pourquoi ne bougeait-il pas ? Et se trimballer avec un nounours \u00e0 son \u00e2ge ? Un peu nigaud. Le carillon de son horloge sonna six heures.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait sur le point d\u2019avaler une lamp\u00e9e de rago\u00fbt quand il l\u2019entendit. Ce n\u2019\u00e9tait pas de gros sanglots ni de grands cris, mais une plainte \u00e9touff\u00e9e, entrecoup\u00e9 de reniflements discrets. Il y avait quelque chose dans ces g\u00e9missements \u00e0 peine perceptibles une souffrance insoutenable qui lui arracha un frisson. Il examina le morceau de chou qui flottait au milieu de sa cuill\u00e8re comme si celui-ci pouvait l\u2019orienter sur la conduite \u00e0 tenir. Le morveux avait gagn\u00e9 : il lui avait coup\u00e9 l\u2019app\u00e9tit ! Il poussa rageusement son assiette. D\u2019humeur grognon, il voulut se r\u00e9fugier dans sa chambre mais son \u0153il trouva tout seul le chemin du judas. Impossible de distinguer quoique ce soit \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur ! Les pleurs ne s\u2019\u00e9taient pas interrompus, bien au contraire, maintenant que ses oreilles tra\u00eenaient sur le bois de la porte, ils le p\u00e9n\u00e9traient.<\/p>\n<p>N\u2019y tenant plus, il ouvrit et la lumi\u00e8re du petit int\u00e9rieur surgit dans le corridor. Le gamin gisait l\u00e0, recroquevill\u00e9, la t\u00eate plong\u00e9e dans les bras. Le vieil homme n\u2019en revenait toujours pas d\u2019avoir fait quelque chose d\u2019aussi stupide mais l\u2019autre avait cess\u00e9 de pleurer. Il s\u2019essuyait maintenant le museau avec sa manche. Peu habitu\u00e9e, sa bouche cherchait vainement comment former des sons. Le jeune se leva un peu maladroitement et plissa les yeux dans sa direction. Pris au d\u00e9pourvu, le vieux bonhomme bafouilla quelques mots inaudibles que l\u2019autre sembla prendre pour une invitation. \u00c0 peine le temps de comprendre que le morveux \u00e9tait entr\u00e9.<\/p>\n<p>Le gamin tituba incertain jusqu\u2019au milieu du salon puis, voyant la table mise, poussa une chaise pour s\u2019asseoir. Il posa son hideuse peluche \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Encore en \u00e9tat de choc, le petit vieux allait reprendre sa place quand il surprit une lueur d\u2019envie dans la prunelle du gar\u00e7on. Il poussa son assiette encore fumante devant lui. Le petit ramassa f\u00e9brilement un couvert et se jeta dessus. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois depuis longtemps que le vieux bonhomme se retrouvait dans la m\u00eame pi\u00e8ce qu\u2019un de ses semblables. Pass\u00e9 la g\u00eane, il commen\u00e7a \u00e0 l\u2019observer \u00e0 la d\u00e9rob\u00e9e. Il devait avoir douze ans, pas plus. Il flottait dans un sweat trop large pour lui. Sa figure \u00e9tait dissimul\u00e9e sous une \u00e9paisse tignasse carotte. Il se d\u00e9gageait de lui quelque chose de fragile et dur \u00e0 la fois qu\u2019il n\u2019avait rencontr\u00e9e qu\u2019une seule fois. Et quand il leva ses grands yeux humides, l\u2019\u00e9vidence vint le cueillir sans crier gare. C\u2019\u00e9tait Vaurien, son chien !<\/p>\n<p>Quand il l\u2019avait trouv\u00e9, dans le fond du trou dans lequel les enfants du village l\u2019avaient jet\u00e9, ce n\u2019\u00e9tait encore qu\u2019un chiot. Ramass\u00e9 dans un coin, il lui avait lanc\u00e9 ce m\u00eame regard ardent. Et tout comme aujourd\u2019hui, il avait h\u00e9sit\u00e9. La bouche du gamin forma un \u00ab merci \u00bb muet auquel le vieux r\u00e9pondit par un grognement. Il lui \u00e9tait reconnaissant de ne pas jacter \u00e0 tort et \u00e0 travers. Etait-ce le repas ou la fatigue, mais le petit homme commen\u00e7a \u00e0 s\u2019affaisser sur son si\u00e8ge tandis que ses yeux se fermaient. Le vieil homme l\u2019attrapa sous le bras et l\u2019amena sur son lit. Comme Vaurien, il se roula en boule et disparut bient\u00f4t sous la couverture. Le vieux resta un instant \u00e0 \u00e9couter sa respiration r\u00e9guli\u00e8re. Il soupira : ce sale cabot lui manquait.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019avoir r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, il avait eu toutes les peines du monde \u00e0 manipuler ce petit corps meurtri qui, malgr\u00e9 son innocence, avait d\u00e9j\u00e0 connu la violence des hommes. Et le soir venu, la vision de cette petite boule de poils entortill\u00e9e dans un de ses vieux pulls l\u2019avait \u00e9branl\u00e9 de la m\u00eame mani\u00e8re. Comment aurait-il pu deviner la place qu\u2019il prendrait dans sa vie ? Il avait eu des animaux, certes, mais jamais comme Vaurien. Contre toute attente, ces deux cr\u00e9atures \u00e0 vif s\u2019\u00e9taient donc apprivois\u00e9es et avaient v\u00e9cu une vie tranquille et simple jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019une pneumonie l\u2019emporte. Le petit vieux ne s\u2019en \u00e9tait jamais vraiment remis. Il ne survivait que dans le souvenir de leur complicit\u00e9 et il pensait \u00e0 tort que sa derni\u00e8re \u00e9tincelle d\u2019humanit\u00e9 s\u2019\u00e9tait enfuie avec lui.<\/p>\n<p>Et l\u00e0, alors qu\u2019il contemplait le petit homme, une curieuse pens\u00e9e se mit \u00e0 bourdonner \u00e0 la lisi\u00e8re de sa conscience. En reluquant d\u2019un peu plus pr\u00e8s l\u2019ourson auquel l\u2019enfant s\u2019accrochait dans son sommeil, il reconnut celui du tout petit. Il contempla le sillon que les larmes avaient trac\u00e9 sur ses joues et le chagrin se faufila entre ses l\u00e8vres entrouvertes. Tout \u00e9tait l\u00e0 et il n\u2019avait rien vu.<\/p>\n<p>Dans la soir\u00e9e, le gamin partit aussi simplement qu\u2019il \u00e9tait venu. Sa d\u00e9marche \u00e9tait toute fois un peu moins lourde, sa fr\u00eale silhouette un peu moins floue. Ils \u00e9chang\u00e8rent un dernier regard. Il ne br\u00fblait plus. Il \u00e9tait doux. Le vieux s\u2019en \u00e9tonna. Il aurait voulu exprimer une parole de r\u00e9confort mais rien ne sortit. Le gar\u00e7on lui fit un signe de la main puis rentra chez lui. Tel un bigorneau dans sa coquille, le vieil homme se r\u00e9fugia dans son appartement. Une fois le dernier verrou tir\u00e9, il remarqua que ses mains tremblaient un peu sous l\u2019\u00e9motion. Le soulagement qu\u2019il ressentait \u00e0 pr\u00e9sent se disputait avec un autre sentiment, plus profond, qu\u2019il sentait remuer sous le vernis rigide de ses ann\u00e9es de solitude. Si son esprit n\u2019en trouvait plus la trace, toutes les fibres de son corps criaient son nom. Le morveux avait ouvert une br\u00e8che dans sa carapace. Apr\u00e8s r\u00e9flexion, cette id\u00e9e ne lui \u00e9tait plus aussi d\u00e9sagr\u00e9able. Il se surprit \u00e0 penser \u00e0 leur prochaine rencontre et aux mots qu\u2019ils pourraient \u00e9changer.<\/p>\n<p><span class='st_facebook_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='facebook'><\/span><span class='st_twitter_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='twitter'><\/span><span class='st_linkedin_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='linkedin'><\/span><span class='st_fblike_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='fblike'><\/span><span class='st_pinterest_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='pinterest'><\/span><span class='st_plusone_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='plusone'><\/span><span class='st_email_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='email'><\/span><span class='st_sharethis_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='sharethis'><\/span><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le vieil homme avait une dent contre la vie. Dix ans. Dix ans qu\u2019une agence gouvernementale l\u2019avait expropri\u00e9 pour un sordide projet d\u2019exploitation mini\u00e8re. Un camarade du r\u00e9giment avait bien propos\u00e9 de lui louer un petit appartement en ville, le temps de rebondir. Mais \u00e0 son \u00e2ge, la balle avait perdu du rebond. C\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 [&hellip;]<\/p>\n<p><span class='st_facebook_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='facebook'><\/span><span class='st_twitter_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='twitter'><\/span><span class='st_linkedin_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='linkedin'><\/span><span class='st_fblike_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='fblike'><\/span><span class='st_pinterest_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='pinterest'><\/span><span class='st_plusone_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='plusone'><\/span><span class='st_email_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='email'><\/span><span class='st_sharethis_buttons' st_title='\u00ab\u00a0Vaurien &#8211; Version 2\u00a0\u00bb Cl\u00e9mence DEHEURLE' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2019\/07\/vaurien-version-2-clemence-deheurle\/' displayText='sharethis'><\/span><\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1,339],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1247"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1247"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1247\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1248,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1247\/revisions\/1248"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1247"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1247"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1247"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}