{"id":786,"date":"2015-09-16T11:01:14","date_gmt":"2015-09-16T10:01:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/?p=786"},"modified":"2015-09-16T11:01:14","modified_gmt":"2015-09-16T10:01:14","slug":"premieres-nouvelles-par-jerome-boujol","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/","title":{"rendered":"Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol"},"content":{"rendered":"<p><strong>La voix silencieuse<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e9sinspir\u00e9e. Le n\u00e9ologisme fut son unique production du jour. Elle qui se r\u00eavait auteure de nouvelles originales, g\u00e9nitrice d&rsquo;histoires in\u00e9dites, elle pataugeait, une fois encore, dans l&rsquo;oc\u00e9an des banalit\u00e9s. Une infinie tristesse s&#8217;empara d&rsquo;elle. \u00ab \u00d4 toi, ma fontaine cr\u00e9ative, ma source inventive, comment te retrouver? \u00bb<\/p>\n<p>Au petit matin, elle per\u00e7ut la voix silencieuse; dans cet espace, juste avant que l&rsquo;humeur chagrine ne la gagne. La muette lui confiait: \u00ab Ta source est aussi sa source. Vous \u00eates les enfants du Big Bang. \u00bb Alberta \u2013 sa m\u00e8re avait choisi ce pr\u00e9nom en hommage \u00e0 Einstein \u2013 songea au physicien: pourquoi n&rsquo;avait-elle pas le m\u00eame g\u00e9nie que lui? Elle n&rsquo;offrit aucune r\u00e9sistance au d\u00e9sespoir qui prit possession d&rsquo;elle.<\/p>\n<p>\u00c0 court de larmes, Alberta baissait la garde. C&rsquo;est le moment que choisit la voix silencieuse pour sa deuxi\u00e8me confidence: \u00ab Ta source\u00a0 vient de la source. Elle ne t&rsquo;abandonnera jamais. \u00bb L&rsquo;abandon\u2026 Toute sa vie, l&rsquo;\u00e9crivaine l&rsquo;avait craint, autant que provoqu\u00e9. Le souvenir des amours d\u00e9\u00e7ues, la m\u00e9moire des liens bris\u00e9s: la nostalgie lui arrachait les tripes.<\/p>\n<p>Prisonni\u00e8re de son tourbillon d\u00e9pressif, Alberta s&rsquo;enfon\u00e7ait dans le gouffre. Les id\u00e9es noires se succ\u00e9daient. \u00ab Je me suis retrouv\u00e9e dans le mot destruction; et j&rsquo;ai enfin atteint le c\u0153ur de l&rsquo;infini. \u00bb C&rsquo;est elle qui, trente ans plus t\u00f4t, avait choisi le mot pour sa r\u00e9daction de fran\u00e7ais. Un \u00e9crit nihiliste qui faillit lui co\u00fbter son baccalaur\u00e9at. Le suicide, sous toutes ses formes, l&rsquo;avait toujours attir\u00e9e; comme un irr\u00e9sistible aimant.<\/p>\n<p>Puis, ce fut le paroxysme de la souffrance. Alberta remontait le temps, son corps meurtri heurtait, dans un rembobinage acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, toutes ses douleurs pass\u00e9es. Jusqu&rsquo;au cri de sa naissance, assourdissant. Dans le ventre maternel, le f\u0153tus fusionnait avec sa procr\u00e9atrice, dans une joie indescriptible.\u00a0 A la vitesse de la lumi\u00e8re, le code g\u00e9n\u00e9tique traversa les g\u00e9n\u00e9rations, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;explosion initiale: \u00ab Je suis la source. Je suis le silence d&rsquo;o\u00f9 naissent les sons; je suis la page blanche d&rsquo;o\u00f9 \u00e9mergent les mots. \u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;escalier \u00e0 sept marches<\/strong><\/p>\n<p>Je m\u2019\u00e9tais assis sur la quatri\u00e8me marche de l&rsquo;escalier. Celle du milieu; celle qui donnait sur le rez-de-chauss\u00e9e. \u00ab Le temps est gris, aujourd&rsquo;hui. Un gris orang\u00e9. C&rsquo;est ma couleur, l&rsquo;orange. Ma seule couleur. \u00bb J\u2019avais tout juste 10 ans. Quel \u00e2ge avais-tu, toi ? Je regardais tes yeux, fascin\u00e9 par le myst\u00e8re: \u00ab Qu\u2019est-ce qui fait que tu es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de toi ? Et moi \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de moi ? Comment verrais-je la vie si j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de toi ? \u00bb<\/p>\n<p>Je descendis les trois marches fun\u00e8bres qui conduisaient au sous-sol. Mes mains \u2013 elles avaient atteint la taille adulte, j&rsquo;avais 20 ans \u2013 se blessaient sur les asp\u00e9rit\u00e9s du sol.\u00a0 Obscurit\u00e9; d\u00e9testation de soi, de moi. La d\u00e9pression m&rsquo;envahit, me gagne. \u00ab Je vais me jeter aux \u00e9go\u00fbts. C\u2019est ma place : je me d\u00e9go\u00fbte. \u00bb Quelle force m\u2019aura arrach\u00e9 de mon cachot, quel miracle m\u2019aura conduit aux trois marches qui me ram\u00e8neront au niveau du sol ?<\/p>\n<p>Tu \u00e9tais l\u00e0, en train de chanter. \u00ab Es-tu rest\u00e9e tout ce temps, \u00f4 merveille, sur la quatri\u00e8me? \u00bb Autour de toi, les couleurs s&rsquo;\u00e9taient \u00e9largies : voisins de mon fid\u00e8le orange, rouge et jaune \u00e9taient entour\u00e9s d\u2019une pointe de vert, d\u2019un soup\u00e7on de bleu. A 30 ans, je d\u00e9couvrais les m\u00e9lodies gaies; parfois encore, \u00ab Mistral Gagnant \u00bb m\u2019emportait dans la tristesse.\u00a0 Jusqu\u2019au jour o\u00f9 je gravis, en compagnie de moi (oui : de moi), les trois marches nuptiales.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9s au septi\u00e8me ciel, nous ne f\u00eemes plus qu\u2019un. La lumi\u00e8re, le silence, les parfums subtils ; et surtout, la d\u00e9licate sensation de nos mains jointes. Le go\u00fbt, extraordinaire, de l\u2019eau pure. Je, tu, il, elle : les trois personnes du singulier avaient disparu. Nous fusionnions \u2013 comme par magie \u2013 avec l\u2019univers. A 40 ans, selon le standard terrestre. \u00ab Illusion du corps, illusion de l\u2019esprit : resterez-vous vivaces, trois marches plus bas ? \u00bb<\/p>\n<p>Je te retrouve, aujourd\u2019hui. Nos corps ont voyag\u00e9 dans l\u2019espace, nos esprits dans le temps. \u00ab Sommes-nous ici ? Sommes-nous maintenant ? Ai-je vraiment 50 ans ? \u00bb De retour dans le monde, je ne lui appartiens plus. Pourtant je go\u00fbte \u2013 comme jamais \u2013 l\u2019arc-en-ciel, de l\u2019infrarouge \u00e0 l\u2019ultraviolet ; le spectre sonore, de 0 \u00e0 1000 millions de Herz. Je suis nous. Nous somme je. Infinis, \u00e9ternels. Et toi, le connais-tu, le secret de la vie ?<\/p>\n<p>&#8212;&#8211;<\/p>\n<p><strong>La visite ultime<\/strong><\/p>\n<p>Son visage ravin\u00e9 ne laissait plus couler, dans les crevasses centenaires, la moindre larme. En ses yeux bleu ciel, dardaient les rayons du soleil. Sa chevelure transparente ne prot\u00e9geait gu\u00e8re le cuir, tann\u00e9, marbr\u00e9. Un sourire \u00e9ternel dessinait ses l\u00e8vres: le rouge vif paraissait incongru, \u00e0 la limite du vulgaire.<\/p>\n<p>\u00ab Oui, ici, cela se passera ici. \u00bb La voix, modeste, d\u00e9licate, fragile; si diff\u00e9rente du ton affirm\u00e9, p\u00e9remptoire, d\u00e9cisif, qu&rsquo;elle utilisait pour diriger son monde. \u00ab Le Gouvernement \u00bb: qui lui avait-il affubl\u00e9, le premier,\u00a0 ce sobriquet?<\/p>\n<p>La vielle dame partait en visite; la visite finale, ultime. Un halo, \u00e0 la fr\u00e9quence ind\u00e9finissable, l&rsquo;entourait. Seule l&rsquo;infirmi\u00e8re parvenait \u00e0 le capter; la lumi\u00e8re \u2013 plus que blanche, plus qu&rsquo;intense \u2013 ravivait sa peur. Les autres convives h\u00e9sitaient entre tristesse de circonstance et sourire d\u00e9plac\u00e9.<\/p>\n<p>Ir\u00e8ne, d&rsquo;ordinaire peu am\u00e8ne, paraissait sereine. Ses \u00e9motions fig\u00e9es, ses ressentis durcis semblaient se dissoudre. Toute sa vie, elle avait aid\u00e9 les autres. De fa\u00e7on d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e,\u00a0 croyait-elle;\u00a0 pour satisfaire \u2013 en v\u00e9rit\u00e9 \u2013 la haute image qu&rsquo;elle avait elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Le savaient-ils? S&rsquo;en doutaient-ils?<\/p>\n<p>L&rsquo;odeur de la Grande Faux emplissait ses narines.\u00a0 Celles-l\u00e0 m\u00eame qui lui avaient permis, jusqu&rsquo;\u00e0 un pass\u00e9 r\u00e9cent, de flairer les bons coups. Sans que ce talent f\u00fbt reconnu par quiconque. \u00ab J&rsquo;aurais d\u00fb \u00eatre commer\u00e7ante. J&rsquo;en aurais vendu, de la marchandise. \u00bb<\/p>\n<p>Ir\u00e8ne, enfin, allait se trouver sous la lumi\u00e8re des projecteurs. Ir\u00e8ne, enfin, allait jouer le r\u00f4le principal du film des autres.<\/p>\n<p>\u00ab Le r\u00f4le principal? Le r\u00f4le\u2026 principal? Le r\u00f4le\u2026? \u00bb Ir\u00e8ne, d&rsquo;ordinaire si reine, paraissait humaine. Sa main se dirigea vers le gobelet. Pour la premi\u00e8re fois, elle se sentit d\u00e9glutir; pour la premi\u00e8re fois, elle sut l&rsquo;impression qu&rsquo;une eau insipide, \u00e0 peine acide, pouvait lui laisser.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;<\/p>\n<p><strong>Addictions voisines<\/strong><\/p>\n<p>Cach\u00e9 dans son plat, le beurre devinait la main qui s&rsquo;approchait.<\/p>\n<p>\u00ab J&rsquo;en ai marre \u00bb, se lamentait la t\u00eate, pos\u00e9e en \u00e9quilibre au sommet du corps enfl\u00e9. \u00ab J&rsquo;en ai marre, j&rsquo;en ai vraiment marre\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Le beurre entendit la main soulever le couvercle. Puis il vit le couteau, si familier, lui arracher machinalement la tranche \u00e9paisse. Le couteau s&rsquo;\u00e9loigna et bient\u00f4t, la tranche \u00e9paisse rejoignait le chocolat, le sucre et la cr\u00e8me, d\u00e9j\u00e0 install\u00e9s dans l&rsquo;habituel bol o\u00f9 ruisselaient quelques larmes m\u00e9caniques.<\/p>\n<p>Le couteau fit place \u2013 c&rsquo;\u00e9tait son tour \u2013 \u00e0 la grosse cuiller. Cinq doigts boudin\u00e9s la conduisirent au c\u0153ur du bol, o\u00f9 elle se mit \u00e0 dessiner les cercles irrationnels, huil\u00e9s par l&rsquo;exp\u00e9rience. Les rotations s&rsquo;arr\u00eat\u00e8rent, automatiquement. La grosse cuiller se souleva, suivit le chemin programm\u00e9 et s&rsquo;engouffra dans le trou b\u00e9ant, le d\u00e9valoir graisseux.<\/p>\n<p>Quelques centim\u00e8tres plus haut, la pens\u00e9e\u00a0 tournait en boucle: \u00ab Demain, j&rsquo;arr\u00eate \u00bb.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;appartement voisin, le whisky\u00a0 se morfondait dans sa bouteille.<\/p>\n<p>\u00ab Je suis fier \u00bb, se r\u00e9p\u00e9tait la t\u00eate, pos\u00e9e en \u00e9quilibre au sommet du corps d\u00e9sintoxiqu\u00e9. \u00ab Je suis fier, je suis vraiment fier\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Le whisky imaginait la main ouvrir le robinet. Puis il vit \u2013 \u00f4 cauchemar \u2013 que le verre s&#8217;emplissait d&rsquo;eau, cette eau qui, il y a sept ans, n&rsquo;aurait repr\u00e9sent\u00e9 que la moiti\u00e9 du r\u00e9cipient. Puis, le quart. Puis, plus rien du tout. C&rsquo;\u00e9tait avant l&rsquo;accident: celui qui allait conduire la t\u00eate \u00e0 l&rsquo;abstinence, sans m\u00eame passer par les alcooliques anonymes.<\/p>\n<p>L&rsquo;eau \u00e9tait parvenue \u00e0\u00a0 un centim\u00e8tre du bord du verre. Cinq doigts assur\u00e9s le soulev\u00e8rent, sciemment, dans un mouvement rectiligne, totalement rationnel, patin\u00e9 par l&rsquo;exp\u00e9rience. Le verre s&rsquo;arr\u00eata au bord des l\u00e8vres, et la gorge se mit \u00e0 d\u00e9glutir, lentement, s\u00fbrement, avec un sens de la ma\u00eetrise, une impression de pouvoir total.<\/p>\n<p>Quelques centim\u00e8tres plus haut, la pens\u00e9e tournait en boucle:\u00a0 \u00ab Demain, je continue \u00bb.<\/p>\n<p>Ambrose Bierce s&rsquo;amuse:\u00a0 \u00ab Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un abstinent apr\u00e8s tout? Un faible qui c\u00e8de \u00e0 la tentation de se refuser un plaisir. \u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;<\/p>\n<p><strong>L\u2019envol, l\u00e9ger<\/strong><\/p>\n<p>Je suis mort ce matin. Et toi aussi.<\/p>\n<p>Il est tr\u00e8s exactement sept heures et quarante-sept minutes. Quelque part, \u00e0 mi-chemin entre mon appartement, rue Saint-J\u00e9r\u00f4me, et mon bureau, avenue du 30-Septembre. Carrefour des Troubadours, peut-\u00eatre ?<\/p>\n<p>Que fais-tu ici, \u00e0 cet endroit-ci ? D&rsquo;o\u00f9 viens-tu ? O\u00f9 vas-tu ?<\/p>\n<p>Il y a une seconde, moins peut-\u00eatre, j&rsquo;ai lev\u00e9 les yeux de mon smartphone ; et j&rsquo;ai crois\u00e9 ton regard : absent, comme le mien. Absorb\u00e9s par nos pens\u00e9es respectives. Si importantes. Si captivantes.<\/p>\n<p>Alors, le temps s\u2019arr\u00eate. Le vide s\u2019installe. Je d\u00e9colle le premier, tu me suis de pr\u00e8s. Nous nous d\u00e9connectons du bruit ambiant, des cris des passants. Le silence est total.<\/p>\n<p>Je me crois \u00e0 une s\u00e9ance de cin\u00e9ma o\u00f9, soudainement, le projectionniste aurait coup\u00e9 mon film ; seul l\u2019\u00e9cran, d\u2019un blanc immacul\u00e9, subsiste. Quel pr\u00e9nom, bon sang, m\u2019a-t-on donn\u00e9 \u00e0 la naissance ? O\u00f9 donc ai-je pass\u00e9 mon enfance ? Comment suis-je devenu\u2026 quel m\u00e9tier, d\u00e9j\u00e0 ?<\/p>\n<p>C\u2019est dr\u00f4le : tu te trouves dans la salle d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9. Et tu contemples, les yeux \u00e9carquill\u00e9s, le m\u00eame \u00e9cran. Oui, celui d\u2019un blanc immacul\u00e9. Ton film s\u2019est volatilis\u00e9.<\/p>\n<p>Que regardais-tu ? Un thriller, une com\u00e9die, une aventure, un drame ? Une animation, un romantique, un \u00e9rotique, une catastrophe ? Une fiction, en tout cas. Celle con\u00e7ue par ton embobineur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 : toi-m\u00eame.<\/p>\n<p>Tandis que j\u2019atteins le sommet de ma courbe a\u00e9rienne, je prends conscience que je suis seul dans ma salle de cin\u00e9ma. Il ne s\u2019y trouve d\u2019ailleurs qu\u2019un si\u00e8ge, unique. Auteur, r\u00e9alisateur, acteur, spectateur : dans chacune de mes productions, je cumulais les r\u00f4les.<\/p>\n<p>La descente s\u2019amorce et l\u2019arriv\u00e9e \u2013 dans la vitrine de la librairie sp\u00e9cialis\u00e9e, carrefour des Troubadours 3 \u2013 s\u2019annonce radicale. Etrangement, je ne ressens aucune peur. Je ne suis m\u00eame pas triste de quitter ce monde. Je suis serein. Et tu le sembles aussi, toi qui voles dans mon sillage.<\/p>\n<p>Il est tr\u00e8s exactement sept heures, quarante-sept minutes et trois secondes. C\u2019est l\u2019heure du choc. Mon cr\u00e2ne se fend en morceaux, je me d\u00e9membre en plein c\u0153ur de la vitrine. Tu arrives, toi aussi, en pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es.<\/p>\n<p>Ma carte de donneur d\u2019organes tombe de mon portefeuille. Je n\u2019imaginais pas qu\u2019elle servirait d\u00e9j\u00e0. J\u2019esp\u00e8re \u2013 car pour toi, pour moi, ils arriveront trop tard \u2013 que les ambulanciers la d\u00e9nicheront, sous cet ouvrage de Jiddu Krishnamurti que j\u2019aurais d\u00fb lire plus t\u00f4t : \u00ab Se lib\u00e9rer du connu \u00bb.<\/p>\n<p>Le Mercedes Classe G, aux allures de corbillard, n&rsquo;aura m\u00eame pas esquiss\u00e9 un coup de frein.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class='st_facebook_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='facebook'><\/span><span class='st_twitter_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='twitter'><\/span><span class='st_linkedin_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='linkedin'><\/span><span class='st_fblike_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='fblike'><\/span><span class='st_pinterest_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='pinterest'><\/span><span class='st_plusone_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='plusone'><\/span><span class='st_email_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='email'><\/span><span class='st_sharethis_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='sharethis'><\/span><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La voix silencieuse D\u00e9sinspir\u00e9e. Le n\u00e9ologisme fut son unique production du jour. Elle qui se r\u00eavait auteure de nouvelles originales, g\u00e9nitrice d&rsquo;histoires in\u00e9dites, elle pataugeait, une fois encore, dans l&rsquo;oc\u00e9an des banalit\u00e9s. Une infinie tristesse s&#8217;empara d&rsquo;elle. \u00ab \u00d4 toi, ma fontaine cr\u00e9ative, ma source inventive, comment te retrouver? \u00bb Au petit matin, elle per\u00e7ut [&hellip;]<\/p>\n<p><span class='st_facebook_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='facebook'><\/span><span class='st_twitter_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='twitter'><\/span><span class='st_linkedin_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='linkedin'><\/span><span class='st_fblike_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='fblike'><\/span><span class='st_pinterest_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='pinterest'><\/span><span class='st_plusone_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='plusone'><\/span><span class='st_email_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='email'><\/span><span class='st_sharethis_buttons' st_title='Premi\u00e8res nouvelles par J\u00e9r\u00f4me Boujol' st_url='http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/2015\/09\/premieres-nouvelles-par-jerome-boujol\/' displayText='sharethis'><\/span><\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[187,273],"tags":[40,191,225],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/786"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=786"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/786\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":788,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/786\/revisions\/788"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=786"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=786"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ecriturefactory.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=786"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}